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Histoire du café : des origines éthiopiennes à la tasse mondiale

Histoire du café

L’histoire du café est l’une des plus fascinantes qui soit. Depuis plus de quatre siècles que cette boisson a conquis l’Europe, elle n’a cessé de traverser les frontières, de susciter des passions et parfois des interdictions. Breuvage de l’éveil et symbole universel du partage, le café est aujourd’hui l’une des boissons les plus consommées au monde — juste derrière l’eau.

Comment de simples cerises rouges, cueillies sur les hauts plateaux d’Éthiopie, ont-elles réussi à changer le cours de l’histoire ? Comment ces grains ont-ils mis en danger des rois et des empereurs, du monde arabe jusqu’aux cours d’Europe ? Retracez avec nous cette épopée de plusieurs siècles.

Les origines du café : Éthiopie, IXe siècle

La légende attribue la découverte du café à Kaldi, un berger d’Abyssinie — l’actuelle Éthiopie. Observant ses chèvres particulièrement agitées après avoir brouté les fruits d’un arbuste inconnu, il aurait lui-même consommé ces baies rouges, et noté leurs effets énergisants. La communauté soufie des environs s’empara rapidement de la découverte, préparant une décoction à base de ces cerises pour rester éveillée pendant la prière.

La science confirme l’essentiel de cette histoire : le caféier arabica (Coffea arabica) est bien originaire d’Éthiopie, où des préparations à base de café faisaient partie du régime alimentaire depuis la préhistoire. La première trace écrite remonte au IXe siècle, dans un traité médical repris par AVICENNE (https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne), célèbre médecin et philosophe perse, qui décrit dans son Canon de la médecine (XIe siècle) les effets de la caféine sur l’organisme — notamment sur le système digestif.

Ethiopie Moka Harrar BIO, Café Moka Sidamo – Ethiopie

Au fil des siècles, les grains voyagèrent avec les pèlerins en route vers La Mecque, se répandant progressivement au Yémen puis dans l’ensemble du monde arabe.

Culture du café au Yémen : les premiers caféiers

C’est au Yémen, sous le règne de Soliman le Magnifique, sultan de l’Empire ottoman, que débute la véritable culture du caféier. Maîtrisant à la fois la production et la torréfaction des grains, les Ottomans firent du café une boisson du quotidien. Le port de Moka devint alors la plaque tournante du commerce mondial du café — un nom qui résonne encore aujourd’hui dans le vocabulaire de la caféiculture.

Au fil des conquêtes du XVe siècle, la consommation s’étendit à tous les territoires annexés, faisant du café une boisson désormais connue bien au-delà de ses terres d’origine.

Le café dans l’histoire : une boisson subversive

Les premiers cafés publics apparurent au XVIe siècle en Égypte et dans la région de La Mecque. On s’y retrouvait pour boire, échanger des idées, débattre — dans un espace qui traversait toutes les classes sociales. Ce mélange de stimulation intellectuelle et de liberté d’expression inquiéta rapidement les autorités.

Sous couvert de respect des lois religieuses — le Coran interdisant toute substance enivrante — les dirigeants redoutaient en réalité l’émergence de foyers de contestation. En Syrie, en Égypte, à Istanbul, les interdictions se succédèrent… sans jamais endiguer la progression du café. À Bagdad, Damas, Le Caire, les débits de café proliférèrent malgré les édits. Le grain de café était devenu, à lui seul, un symbole de résistance intellectuelle.

L’histoire du café en Europe au XVIIe siècle

Les commerçants italiens, premiers importateurs

Ce sont les marchands italiens spécialisés dans le commerce des épices qui introduisirent le café en Europe au début du XVIIe siècle. La boisson se répandit d’abord chez les moines et les négociants, puis dans la population. Lorsque l’entourage du pape Clément VIII lui conseilla d’interdire ce « breuvage d’infidèles », il choisit d’y goûter avant de trancher — et déclara qu’il eût été dommage d’en laisser le plaisir aux seuls non-chrétiens.

Le café en Angleterre et la naissance des coffee houses

Au milieu du XVIIe siècle, les coffee houses britanniques devinrent des foyers d’effervescence intellectuelle. Charles II tenta de les faire fermer, craignant la dissémination des idées libérales. La fronde populaire fut telle que l’interdiction fut levée rapidement. Cinquante ans plus tard, l’Angleterre comptait près de 2 000 cafés sur son territoire.

Le café en France : de Marseille à Versailles

En France, c’est à Marseille que le café fut introduit en 1644, importé d’Égypte par un commerçant marseillais. Le premier café français y ouvrit en 1671. Les précieux grains torréfiés n’atteignirent Paris qu’en 1669, dans les bagages de Solimane Aga, émissaire du sultan ottoman venu rencontrer Louis XIV.

À noter : c’est en France qu’est née la percolation, première technique d’extraction à supplanter l’infusion traditionnelle.

En 1715, le bourgmestre d’Amsterdam offrit des caféiers à Louis XIV. Confiés au Jardin du Roi, ils donnèrent naissance à des plantations implantées sous Louis XV à La Réunion, puis en Martinique et en Guadeloupe, rendant la France autonome dans sa production.

Histoire du café dans le monde : Amériques, Asie, Afrique

Le café en Amérique du Nord

Le café atteignit l’Amérique du Nord en 1689. Malgré une population d’immigrants britanniques attachés au thé, le café s’imposa rapidement comme boisson nationale — événement accéléré par le célèbre épisode de la Boston Tea Party, qui marqua une rupture symbolique avec la couronne britannique.

Les grandes plantations d’Amérique du Sud

Pour répondre à la demande européenne croissante, le café fut introduit au Brésil et en Colombie, où il devint une culture économique majeure — mais fondée, tragiquement, sur le travail des esclaves.

Indonésie et Inde : le café sous les couronnes coloniales

Les Britanniques tentèrent d’implanter des caféiers en Inde, alors colonie, mais une maladie des plantations força le remplacement par du thé. Les Hollandais, eux, développèrent avec succès leurs cultures en Indonésie.

Le café aujourd’hui : l’héritage d’une longue histoire

Aujourd’hui, la quasi-totalité de la production mondiale de café provient des pays situés dans la zone tropicale — ce que les professionnels appellent la « Bean Belt » ou ceinture du café . On y trouve :

  • Amérique centrale : Mexique, Guatemala, Honduras, Nicaragua
  • Amérique du Sud : Brésil, Colombie, Équateur, Pérou
  • Afrique : Éthiopie, Côte d’Ivoire, Rwanda, RD Congo
  • Asie : Vietnam, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Inde

Deux espèces dominent le marché mondial : l’arabica (Coffea arabica), plus aromatique et moins chargé en caféine, et le robusta (Coffea canephora), plus corsé et amer. De nombreux torréfacteurs proposent des assemblages pour jouer sur les équilibres entre les deux.

https://ico.org/fr/resources/coffee-market-report-statistics-section

Le café aujourd’hui : entre spécialité et consommation de masse

Rares sont les plantes à avoir autant influencé les civilisations humaines. Le café est aujourd’hui la deuxième marchandise la plus échangée au monde, derrière le pétrole. La montée en puissance du café de spécialité (specialty coffee) reflète un retour à l’origine : traçabilité, terroir, méthodes de préparation soignées — l’histoire du café recommence, tasse après tasse.

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Les grades du thé

La feuille des thés verts et des Oolong est généralement entière et le grade ne se précise pas. Il en est de même pour un certain nombre de thés noirs, chinois notamment, dont le nom est assez évocateur pour permettre d’en appréhender la qualité. Pour les autres thés noirs, le grade est important car il donne deux indications : la finesse de la cueillette et la taille de la feuille (entière, brisée, broyée).

Dans les grades, le mot « orange » n’a aucun rapport avec l’agrume du même nom. Il signifie « royal », du nom de la dynastie néerlandaise Oranje Nassau. Quant au mot Pekoe, il vient, rappelons-le, du mot chinois Pak-ho, signifiant « duvet » ou « cheveu », et désigne le bourgeon terminal, qui donne une impression de duvet blanc, lorsqu’il n’est pas totalement ouvert.

Feuilles entières

  • F.O.P. Flowery Orange PekoeIl s’agit de la cueillette la plus fine. Elle est composée du bourgeon terminal et des deux feuilles suivantes. Le thé contient beaucoup de bourgeons, devenus dorés avec l’oxydation, que l’on appelle parfois golden tips.
  • O.P. Orange PekoeIl s’agit de feuilles jeunes et bien enroulées. La cueillette est fine mais un peu plus tardive que la précédente : ici, le bourgeon s’est déjà transformé en feuille.
  • P. PekoeLa feuille est moins fine que dans un O.P. et ne contient pas de bourgeon.
  • S. SouchongLa feuille est basse, large, plus âgée et très faible en théine, souvent roulée dans le sens de la longueur et surtout utilisée pour les thés fumés.

Feuilles brisées

La feuille n’est plus entière et beaucoup plus petite que dans l’O.P. L’infusion donne une liqueur beaucoup plus corsée et plus foncée.

  • B.O.P. Broken Orange Pekoe
  • F.B.O.P. Flowery B.O.P.
  • G.B.O.P. Golden B.O.P.
  • T.G.B.O.P. Tippy Golden B.O.P.

Feuilles broyées

  • F. FanningsMorceaux plats plus petits que le Broken. L’infusion est très corsée et très colorée.
  • Dust ( « poussière » )Feuilles encore plus broyées, uniquement utilisées pour les thés en sachet.

Les grades indiens du thé

En Inde du Nord, la description de la cueillette est plus poussée et donne une indication qualitative bien plus pertinente que pour les autres pays.

  • G.F.O.P. Golden Flowery Orange PekoeF.O.P. dont la proportion de bourgeons est importante.
  • T.G.F.O.P. Tippy Golden Flowery Orange PekoeF.O.P. contenant beaucoup de bourgeons dorés.
  • F.T.G.F.O.P. Finest Tippy Golden Flowery Orange PekoeF.O.P. de qualité remarquable.
  • S.F.T.G.F.O.P. Special Finest Tippy Golden Flowery Orange PekoeF.O.P. de qualité tout à fait exceptionnelle. Grade réservé normalement aux meilleurs Darjeeling de printemps.

Un chiffre est parfois ajouté à la fin du grade pour qualifier, non plus la finesse de la cueillette, mais la qualité gustative du thé obtenu.